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  • Catha edulis

    Définition du Larousse

    • Substance "hallucinogène" extraite des feuilles d'un arbuste d'Abyssinie et du Yémen
    • L'arbuste lui même, ses feuilles que l'on mâche pour s'enivrer

    Qu'est-ce que c'est ?

    Originaire d’Abyssinie, où on le trouve mentionné pour la première fois au XIVème siècle, le khat et son usage masticatoire se sont répandus en Afrique de l’Est puis dans la Péninsule Arabique. Il a de nombreux synonymes : thé des abyssins, thé d’Arabie, kat, kath, qat, miraa, cat, cato, catha, jimma, kus-el-salahin. Il existe un débat historique sur l’origine géographique du khat, on ne sait pas vraiment si il est originaire d'Éthiopie ou du Yémen, bien que la plupart des auteurs citent le Yémen comme origine.

    Le Khat peut pousser a la fois dans les zones arides où il atteindra 1 à 10m de haut mais aussi dans les zones tropicales où il peut atteindre plus de 20m de haut. Il est généralement taillé pour garder une hauteur de 5m.

    Le khat est cultivé entre 1500 et 2500m d’altitude, on pratique souvent la culture en terrasse à flanc de montagne. Le khat est résistant aux maladies et peut vivre 75-100 ans si on s’en occupe bien.

    Le Khat ou Qat est un arbuste réputé pour ses feuilles a tendances "stimulantes". Une fois récoltées, les feuilles sont principalement mâchées quand elles sont fraîches mais on peut aussi les faire sécher pour les utiliser dans des infusions par exemple. L'utilisation du Khat fait parti de certains rituels ou fêtes de différentes cultures.

    On a longtemps cru que le khat était le seul représentant de son genre Catha toutefois Revri (1983) montra que ce genre contenait au moins un autre membre, Catha spinosa, que l’on trouve uniquement au Yémen où il pousse à l’état sauvage, à basse altitude.

    Signification culturelle

    Le Khat est consommé par plusieurs millions de personnes, près de son lieu de culture, au Yémen, Somalie, Éthiopie, Djibouti et Kenya. La mastication du Khat est principalement une coutume masculine, mais les femmes la pratiquent aussi.

    Le Khat est généralement mâché lors de réunions sociales spéciales, mais est aussi utilisé pendant le travail par les ouvriers, les artisans, les fermiers et les étudiants pour rester concentré et réduire la fatigue physique. Cette coutume est bien ancrée dans la tradition sociale et culturelle, particulièrement au Yémen. La séance de khat, y est appelée majlis al-qat, et se tient l'après-midi dans une pièce de réception agréable consacrée à la mastication du khat. Les invités s'assoient confortablement et mâchent les feuilles fraîches une par une. On avale le jus pendant qu’une chique des résidus est retenue contre la joue sur un côté de la bouche; une quantité de 100 - 200 g est consommée.

    Initialement, la séance est animée et comme les effets du khat commencent à arriver, la séance devient plus sérieuse et la conversation des mâcheurs se concentre sur un sujet à la fois. Le thème peut être un événement d’actualité internationale, une question historique ou religieuse, la situation politique ou une dispute locale. Après 2 - 3 heures la séance devient calme car la plupart des participants préfèrent rester seuls, plongés dans une concentration intense.
    Après environ 4 heures, les gens commencent à quitter la séance.

    Photos de la plante

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    Histoire

    • 1065. Première référence écrite au khat dans "Kitab al-Saidana fi al-Tibb", un travail sur la pharmacie et le matériel médical écrit par Abu al-Biruni.
    • 1222. Le khat est reconnu pour ses qualités curatives dans un ouvrage arabe sur les médicaments écrit par Nagib ad-Din as-Samarkandi du Turkestan.
    • ~1400. Al-Maqrizi (1364-1442) témoigne de l'usage du khat en Éthiopie pendant les guerres de cette période.
    • 14ème ou 15ème siècle. L'usage populaire du khat se répand au Yémen.
    • 17ème siècle. Une poésie écrite par le yéménite juif Sholem bin Joseph al-Shibezi décrit le dialogue entre le khat et le café, preuve de l'utilisation de ces plantes par les juifs du Yémen.
    • 1775. Le botaniste suédois Pehr Forsskal fournit la première description concise du khat dans la littérature européenne après son voyage au Yémen en 1763.
    • Fin 19ème. Les scientifiques européens commencent leurs recherches sur la composition chimique et la pharmacologie du khat.
    • Années 20' à 30'. Produits pharmaceutiques à base de khat et "agents de plaisir" sont vendus à Londres, y compris le catha-cocoa (lait au khat et au chocolat).
    • 1930. La cathine est isolée pour la première du Catha edulis.
    • Années 70'. Isolation du cathinone.
    • 1980. Le WHO classe le khat comme drogue interdite.

    Composition chimique

    Dans la feuille jeune et fraiche, l’alcaloïde principal est le cathinone dont la structure chimique est proche d'autres amphétamines comme l'éphédrine. Dans la plante sèche et les feuilles âgées, elle est transformée en cathine {(+)-norpseudoéphédrine} et noréphédrine. De récentes analyses montrent la présence d’au moins 62 alcaloïdes de type catheduline dans le khat frais, ce qui montrent que cette plante possèdent un échantillon d'alcaloïdes très complexe. On y trouve aussi des tannins, 7-14% en fonction des variétés, et de la vitamine C en quantité significative (325 mg/100 g).

    On a longtemps cru que la cathine était l'alcaloïde principal du khat à cause de la réduction chimique qui transforme le cathinone en cathine et diminue la concentration en cathinone des feuilles récoltées. C'est pourquoi les consommateurs de khat aime le mâcher très frais et apprécient particulièrement les jeunes feuilles, qui ont une teneur particulièrement élevée en cathinone.

    Analyse phytochimique (Dukes)

    Préparation du Khat

    Traditionnellement les branches sont récoltées le matin et sont emballées dans des feuilles de palmier pour éviter qu'elles ne sèchent. Les feuilles sont ensuite mâchées longuement et sont accumulées dans le creux de la joue en avalant constamment la salive. Les doses peuvent varier de 20 à 150g de feuilles mâchées.

    Le khat est parfois séché et traditionnellement utilisé en thé ou comme condiment, certains fument les feuilles sèches. Le cathinone est sensible à la température de séchage, des températures trop élevées (100°C) détruiront 20-40% du cathinone, une fois sec le khat perd environ 2-8% de sa teneur en cathinone par année de stockage.

    Pour préserver au maximum le cathinone, des températures de -11°C ne suffisent pas à arrêter la transformation dans les feuilles récoltées, il faut donc congeler au dessous de -20°C.

    Effets / Contre-Effets

    Ses effets stimulants, proches de ceux des amphétamines, ont été très précisément décrits par Lewin dès 1928, et il avait classé le khat parmi les excitants.

    • euphorie
    • dessèchement
    • bien être
    • libération
    • dépression
    • endormissement
    • hypertension
    • ...

    L'expérience subjective associée à la mastication du khat est complexe. Les effets ressentis par un mâcheur peuvent être divisés en désirables et non-désirables. Les effets désirables sont expérimentés pendant les premières heures de la séance de mastication, alors que les effets non-désirables commencent près de la fin et continuent parfois quelques heures.

    L’effet positif principal recherché est l'état euphorique associé au soulagement de la fatigue, l'énergie, le sentiment de joie et l’imagination améliorée, la capacité à associer des idées, une meilleure communication et une confiance élevée. Cet état, appelé kayf au Yémen, est senti pendant les 1 - 2 premières heures de la séance. On peut décrire kayf comme le contentement, la capacité de se concentrer, l'afflux d'idées, la vigilance, la confiance et l’ouverture.

    Plus tard pendant la séance on atteint un stade introverti, pendant lequel le mâcheur se détache un peu de son environnement et se livre à une réflexion profonde. Cette phase, appelé quelquefois sulimania, est aussi appréciée par beaucoup et toute distraction serait agaçante, bien que les pensées puissent être pessimiste.

    Cependant, l'état kayf n'est pas toujours atteint, à cause de variables telles que la quantité (mâchée) et la qualité du khat. Parfois, surtout après une utilisation excessive de variétés fortes et bon marché, le mâcheur connaît un état de confusion ou d'hallucinations. Vers la fin de la séance, le participant peut subir un passage dépressif qui perdure 1 ou 2 heures.

    C'est les conséquences négatives les plus communes connues. De plus, certains ressentent aussi une légère parano ou de la tension/nervosité. L'insomnie est un autre effet secondaire très commun, bien que les mâcheurs chroniques prétendent ne pas être affectés. Les effets sur la sexualité ne sont pas vraiment tranchés. Le consommateur ne connaîtrait pas forcement les conséquences négatives du khat; la plupart du temps la descente est un mélange de passages positifs et négatifs.

    Dépendance

    Une légère dépendance au Khat peut s'installer a des doses élevées, mais peu d'effets de manque sont constatés.

    Légalité

    En France, la cathinone figure sur la liste des stupéfiants, la cathine sur la liste des substances vénéneuses et psychotropes. Le khat figure lui aussi sur la liste des stupéfiants. Il est donc interdit.
    [1]De même depuis le 22 Octobre 2006, le khat est contrôlé en Belgique. D'autres pays européens ont interdits le khat: la Suisse, la Pologne et la Norvège. Aux Pays-Bas et en Grande Bretagne la cathine et le cathinone sont des substances interdites mais les feuilles et la plante sont légales.

    Culture


    Le peuple Oromo du Hararghe (Éthiopie) reconnait trois variétés/cultivars traditionnelles de khat classifiées en fonction de la couleur des jeunes pousses de la plante. Ces variétés sont : “dimaa”/rouge, “dalota” (dalacha) / blanchâtre et “hamarcot” ce dernier dont la couleur est entre dimaa et dalota selon la plupart des fermiers. Il y a aussi des gens qui disent que dalota et hamarcot sont les mêmes, et qu’ils se différencient au niveau des soins et techniques de culture. La variété rouge ou dimaa a une nuance rougeâtre, résiste aux conditions difficiles, nécessite peu d’attention, produit une bonne récolte même avec peu de soin (comparée avec les autres variétés). Cependant, elle est de qualité inférieure et n’est pas la préférée des consommateurs. Elle a une faible valeur marchande en comparaison des deux autres variétés. Hamarcot a de larges feuilles et fait moins de branches, elle est supérieure en qualité et a en conséquence une meilleure valeur marchande. Dalota est blanche ou claire de couleur, a des feuilles étroites et plus de branches par rapport à hamarcot. À la différence des deux autres variétés, hamarcot n'a pas de caractéristiques distinctives claires pour une identification facile. Mais avec de l’expérience il est possible de les distinguer assez facilement.

    Références